Le musée - opéra de la vénerie

musée-opéra de la vénérie

Le musée-opéra de la Vénerie de l’abbaye du Val des Choues en Haute-Bourgogne est une initiative exceptionnelle rassemblant des mondes qui trop souvent s’ignorent. À côté de la valorisation de la qualité poétique et patrimoniale du site de l’abbaye, il vise à souligner le rôle de celle-ci comme acteur vivant de la vénerie, abritant l’Équipage Piqu’Avant-Bourgogne, sa meute et ses écuries. Le musée-opéra propose un parcours respectueux des grandes traditions de présentation (salle des trophées, tenues, trompes, couteaux, boutons…), en y associant un nouveau regard sur la chasse à courre avec la contribution d’artistes contemporains de renom.

En 2010, un programme de rénovation du musée de la vénerie est mis en œuvre avec le soutien de l’État et de la Fondation de France. Le parcours est entièrement recomposé. En 2014, deux ans de travaux vont suivre pour rénover les salles de l’abbaye qui accueillent les collections et créer l’Opéra de la nature, dans les combles de l’aile ouest des bâtiments. Ce projet prend place au cœur du futur Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne. Il a été déclaré Pôle touristique majeur par le Conseil départemental de la Côte-d’Or et a bénéficié de l’appui financier de l’État par le FNADT (Fonds National d’Aide au Développement du Territoire).

Permettre la compréhension profonde de ce qui, au-delà du ressort de la simple dramaturgie, est une fabulation de notre lien au monde, méritait une scénographie de l’équivalence des choses et des êtres, animaux et humains mêlés. Une présentation où il est question des connaissances tirées de l’expérience, comme des savoir-faire transmis par l’apprentissage : salles de la tentation des trophées, des échos, du silence, de l’hallali, atelier du tailleur et opéra de la nature, sont autant de moments de vibrer à l’unisson de ceux qui jour après jour font vivre avec passion l’abbaye et son équipage.

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Salle de la tentation du trophée

Privilège du chasseur, affirmation primitive du pouvoir, le trophée de chasse est à l’origine directement exposé lors de cérémonies communes : crâne, cornes, bois, peaux, plumes, dents, os, sont portés et exhibés comme autant d’exploits témoignant de la domination de l’homme sur la nature. Le concept moderne de salle de trophées n’est apparu qu’à la fin du XIXe siècle. Les collections de trophées sont alors accrochées aux murs et aux plafonds des demeures des grands veneurs dans un alignement dense et parfait. Au centre de la pièce, la taxidermie, art d’observation et de restitution permet ici la mise en scène du cerf poursuivi par les loups qui rappelle les origines de la chasse à courre.

Salle de la tentation du trophée

Vestibule :  
collection des cartes postales

Une borne interactive présente près de 1200 photographies de chasse à courre datant de l’âge d’or de la carte postale, au début du XXe siècle. Véritable imagerie populaire, très à la mode dès l’apparition de la photographie, les cartes postales vont saisir en noir et blanc l’instantané de tous les loisirs – dont la vénerie – dès la fin du XIXe siècle. Cette collection détaille des différences sociales affichées (costumes, chapeaux, véhicules). Dans une France à forte prédominance rurale, la vénerie permet en effet à la population paysanne proche des forêts de suivre les “laisser-courre” organisés par la grande bourgeoisie citadine.

Vestibule : collection des cartes postales

Salle des échos :  
collection des trompes de chasse

La salle des échos est une pièce qui était autrefois dédiée à la confession, notamment des lépreux. Les angles concaves de la voûte d’arêtes permettaient à deux moines de confesser simultanément et à distance deux pèlerins. Le mobilier central expose une collection de trompes de chasse : trompes Dampierre, Dauphine, d’Orléans et Maricourt. La forme de chacun de ces modèles est directement liée aux usages et aux pratiques de la chasse à courre qui ont évolué avec le temps. Un dispositif permet de faire sonner 8 fanfares correspondant chacune à des circonstances de la chasse, à des animaux, à un équipage ou à une personnalité à qui elle rend honneur.

Salle des échos : collection des trompes de chasse

L’atelier du tailleur :  
collection des tenues de vénerie

Les tenues de vénerie sont aux équipages de chasse à courre ce que les drapeaux sont aux nations. Elles sont directement inspirées de celles portées sous l’Ancien Régime. Louis XIV a créé la première tenue de vénerie (habit bleu, galonné, avec collet et parements cramoisis), qui restera jusqu’en 1830 celle des équipages royaux. La couleur du drap de cuir utilisé, celle du velours des parements, la présence d’un galon sont autant de signes distinctifs pour chaque équipage. La culotte d’équitation, les coiffes de cavalier, gants, bottes et cravates sont des éléments complémentaires nécessaires à la pratique de la chasse à courre, à pied (petite vénerie) ou à cheval (grande vénerie).

L’atelier du tailleur : collection des tenues de vénerie

Salle du silence : 
Éric Poitevin

Depuis le début des années 80, Éric Poitevin bannit tout bavardage dans ses photographies. Placée sur une cimaise autonome dans la salle du silence, exposée de manière permanente, la “présence” essentielle du cerf (Sans titre, 2007) en constitue la ligne mélodique constante. Quant à l’accrochage périodiquement renouvelé d’autres motifs tirés de son œuvre photographique, au rythme des envies ou intuitions de l’artiste, il veut souligner l’importance des variations et le rôle des changements de contexte pour la perception d’une image.

Œuvre réalisée dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires initiée par la Fondation de France.

Salle du silence : Éric Poitevin

Salle de l'Hallali :  
collection des boutons et couteaux de vénerie

Cette salle croise les collections de couteaux et de boutons de vénerie avec des œuvres d’artistes d’aujourd’hui. La grande peinture de Loïc Raguénès l’Hallali du cerf (2006) est une réinvention visuelle du tableau de Gustave Courbet élevant en 1867 une scène de chasse contemporaine au rang héroïque de la grande “peinture d’histoire”. Son accrochage dans cette salle lui confère une seconde vie. En 2016 a été commandée une série d’images de quelques-uns des chiens de la meute du Val des Choues au photographe Pierre Even dont le travail s’est un temps plutôt intéressé à l’univers de la mode.

Salle de l'Hallali : collection des boutons et couteaux de vénerie

L’Opéra de la nature : 
Gloria Friedmann

“La Nature est un grand spectacle qui ressemble à celui de l’Opéra”. Et c’est bien à cette “image” que renvoie, sous nos yeux sollicités par la pénombre, la mise à distance qu’opère l’artiste Gloria Friedmann en se servant de la collection d’animaux de l’abbaye. Proche ou éloignée, plus ou moins familière, la foule des bêtes naturalisées s’emploie à nous environner dans le décor d’une mise en scène baroque, où la lumière et l’ombre font perdurer le mystère de leur apparition.

Œuvre réalisée dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires initiée par la Fondation de France.

Gloria Friedmann L’Opéra de la nature, 2017

LES ARTISTES ASSOCIÉS

La muséographie ne se contente pas d’un parcours didactique autour de la vénerie. Son ambition : solliciter des contributions d’artistes contemporains, qui mobilisent dans leur travail les domaines de la chasse à courre, de la nature, de l’animalité, de la taxidermie...

Les artistes qui ont investi les lieux, afin d’offrir au visiteur un autre regard, une interprétation contemporaine de la chasse à courre, l’ont fait dans le cadre de commandes de l’action Nouveaux commanditaires initiée par la Fondation de France. Elle permet à des citoyens, confrontés à des enjeux de société ou de développement de territoire, d’associer des artistes contemporains à leur préoccupation par le biais d’une commande. Son originalité repose sur une conjonction nouvelle entre trois acteurs privilégiés : l’artiste, le citoyen commanditaire et le médiateur agréé par la Fondation de France, accompagnés des partenaires publics et privés réunis autour du projet.

 

 

 

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OUVERTURE

Le musée-opéra de la Vénerie est ouvert tous les jours du 1er mars au 30 octobre de 10h à 18h. Repas de la meute à 16h tous les jours en juin, juillet et août, samedi et dimanche les autres mois. Toute l’année, visite de groupe sur réservation.

TARIFS

Plein tarif : 8 €
Tarif réduit (moins de 18 ans et PMR sur justificatif) : 4.5 €
Gratuit : enfants de moins de 8 ans

Le musée-opéra de la Vénerie a bénéficié de l’appui financier de l’état par le FNADT (Fonds National d’Aide au Développement du Territoire).

L’Association de Sauvegarde de l’Abbaye du Val des Choues remercie la Fondation de France. Les œuvres des artistes Pierre Even et Gloria Friedmann ont été réalisées à la demande des propriétaires et membres de l’équipage Piqu’Avant-Bourgogne du Val des Choues dans le cadre de l’action “Nouveaux commanditaires” initiée par la Fondation de France, médiation Le Consortium - centre d’art contemporain, Dijon (médiateur agréé de la Fondation de France : Xavier Douroux). Des œuvres d’Éric Poitevin et Loïc Raguénès sont également présentées dans le parcours du musée.

www.fondationdefrance.org
www.nouveauxcommanditaires.eu